Retour sur la Journée des Femmes et Filles en Science

La journée a commencé à l'INSA, Institut National des Sciences Appliquées de Toulouse par deux tables rondes qui se sont succédées avant une conférence de la physicienne Leticia Cugliandolo et la remise du prix Marie-Claude Shmidt a un groupe d'étudiants de deuxième années.

Cinq étudiantes venant de différents pays (Norvège, Chine et Liban, Brésil et France) puis plusieurs intervenants professionnels ont débattu sur la place des femmes ingénieurs et scientifiques dans le milieu scolaire et professionnel.

Parmi les étudiantes, alors que certaines ont trouvé un environnement favorable dans leur pays à la poursuite de leurs études scientifiques, d'autres ont souligné le poids des préjugés qu'elles parviennent à surmonter grâce une une forte motivation et détermination pour aller au bout de leurs ambitions.

Les intervenants ont aussi rappelé que les taux de féminisation dans les entreprises varient beaucoup en fonction du domaine scientifique et en fonction du poste.

La physicienne Leticia Cugliandolo, professeur à l'Université Pierre et Marie Curie a raconté son histoire depuis son enfance en Argentine jusqu'à son expérience actuelle de femme scientifique qui parvient à concilier carrière scientifique dans un milieu d'hommes et vie familiale.

Les enfants semblaient ravis. De cet après-midi, nous retiendrons le regard passionné des enfants. Comment imaginer qu’après ce moment de vie, de partage et de découverte, les représentations sexuées du rôle des un-e-s et des autres n'aient pas évolué dans leurs esprits. Sans parler de cette "terra incognita" que pouvaient être pour eux aussi bien le Quai des savoirs que l'émerveillement que peut procurer une expérience scientifique. Pour ces élèves ce rendez-vous est une initiation qui se poursuivra à travers une série d'ateliers proposés par Les Chemins Buissonniers autour de l'égalité fille-garçon à travers des activités artistiques et des connaissances scientifiques.

La journée s'est poursuivie au Quai des Savoirs auprès d'un public cette fois bien plus jeune avec des classes de CE2, CM1 et CM2 de l’école Léo Lagrange d'Empalot. Par petits groupes de trois ou quatre enfants, ils ont ainsi pu découvrir au microscope des embryons de poussins, des larves de mouches ou encore des souriceaux. Ils ont aussi découvert le fonctionnement d’une imprimante 3D et d’une imprimante laser. Les enfants ont ainsi pu se familiariser avec le domaine scientifique à travers des ateliers ludiques animés par des chercheuses, des étudiantes de l'Université Paul Sabatier, du CNRS, de l'INSA et de Fermat Science.

La journée s'est clôturée par une soiré débat à l'espace des diversités et de la laïcité sur la place des femmes dans les sciences : idées reçues et orientation.

Catherine Monnot, anthropologue à l'Université Toulouse Jean Jaurès a animé la soirée introduite par Julie Escudier, Conseillère Municipale Déléguée et Chargée de mission Égalité et Vice-Présidente de la Cohésion Sociale à Toulouse Métropole. La parole a été donné successivement à Marianne Blanchard, co-auteur de « Filles+ Sciences = une équation insoluble ? Enquête sur les classes préparatoires scientifiques », puis Nadine Hablberstadt, physicienne, directrice de recherche au CNRS et Konstance Lueken, Chargée de mission Égalité à l'ESPE Toulouse.

Les intervenantes ont insisté sur la nécessité d'apprendre ensemble sans faire de distinction entre filles et garçons. Il faut dépasser les stéréotypes et oser proposer des idées, prendre une rôles actif ou encore suivre une voie majoritairement choisie par les garçons. Il faut lutter contre des comportements intériorisés qui mènent à l'auto-censure et empêche certaines filles de s'engager dans des voix scientifiques.

Retour sur cette journée en radio avec l'émission de Média Commun Radio pour l'Unesco.

Les commentaires sont clos.